De la liturgie par Joseph Ratzinger

« Cette extension du pouvoir papal dans le domaine de la liturgie donna l’impression que le pape, au fond, avait tout pouvoir en matière de liturgie, surtout s’il agissait en vertu du mandat d’un concile œcuménique. L’effet provoqué par cette impression fut particulièrement visible après le concile Vatican II. Que la liturgie soit un don, une réalité non manipulable, tout cela avait alors disparu de la conscience des catholiques en Occident. Or, le concile Vatican I avait défini le pape non pas comme un monarque absolu mais comme le garant de l’obéissance envers la Parole révélée. La légitimité de son pouvoir était liée avant tout à la transmission de la foi. Cette fidélité au dépôt de la foi, ainsi que sa transmission, concerne tout particulièrement la liturgie. Nulle autorité ne peut “fabriquer” une liturgie. Le pape lui-même n’est que l’humble serviteur de son développement homogène, de son intégrité et de la permanence de son identité. […] La grandeur de la liturgie, faut-il le répéter, tient justement au fait qu’elle échappe à l’arbitraire. »

Joseph Ratzinger, L’Esprit de la liturgie, p. 200-201.


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